Nous reproduisons ci-dessous le message lu par le Doyen Dany Nocquet lors du culte d’actions de grâces célébré au temple de la rue Maguelone à Montpellier le vendredi 15 juin 2018 à l’occasion du décès du professeur Jean-Daniel Causse.

Chère Isabelle, à vous ses enfants, ses proches, à vous ses amis,

Au nom de tout l’Institut Protestant de Théologie, Montpellier-Paris, ces quelques mots de profonde reconnaissance pour Jean-Daniel.

Dire tout d’abord combien nous étions tous heureux avec Jean-Daniel. Étudiants, personnel, collègues, administrateur(s), nous étions bien en sa compagnie. Nous nous aimions.

A la faculté de théologie de Montpellier, il est professeur d’éthique et de théologie systématique de 1997 à 2007. Il en fut l’un des doyens (2003-2007). En 2007, il devient professeur d’études psychanalytiques à l’université Paul-Valéry. Et jusqu’en 2014 il enseigne dans les deux établissements, après cette date, il enseigne seulement à Paul-Valéry où il prend de nouvelles responsabilités. Il symbolise le trait d’union entre nos deux institutions et bien davantage encore : un dialogue ouvert sur le fait religieux au sein d’une société laïque.

Ses dons intellectuels brillants sont reconnus, ils ont été amplement salués (hommage et minute de silence à Paul-Valéry), comme ses nombreuses publications. Mais ce sont aussi ses qualités humaines qui furent tant appréciées, accueil et disponibilité auprès de ces collègues. Que de reconnaissance également chez les étudiants, les doctorants qu’il a accompagnés, les faisant cheminer, les stimulant par ses remarques pour qu’ils aillent au bout de leurs projets. Il croyait en eux.

Il a éminemment participé à ce que l’on appelle « l’École de Montpellier », c’est à dire à cette tradition (Bois, Crespy, Ansaldi, Causse, Antier) qui porte un regard anthropologique, psychanalytique sur la matière même de la théologie, sur l’acte de croire, l’éthique, l’histoire, la lecture des textes bibliques… Apport ô combien fécond pour la théologie et les sciences humaines.

Puis-je dire encore que nous aimions son côté « boute en train », une « légèreté » d’être, lui qui portait pourtant si lourd en lui les préoccupations des autres, de la faculté et de l’université. À la faculté, que de fois a-t-il été à l’origine d’éclats de rire qui ont résonné dans toute la maison. Que de fois nous a-t-il permis de rire de nous-mêmes, de sourire d’une situation tendue. Que cela fut précieux : dans le fond, c’était sa manière à lui de faire confiance. Jean-Daniel faisait fondamentalement confiance à la vie, à l’autre. Cette confiance première et fondatrice, originelle et structurante dont il vivait, et qu’il partageait. Une façon à lui, je crois, de manifester avec pudeur et dans la discrétion sa foi en Dieu.

Nous étions heureux avec Jean-Daniel, nous nous aimions.

Isabelle, vous ses enfants, ses proches et ses amis, puissent cet amour et cette confiance donnés, continuer à nous habiter, à nous soutenir au moment où nous nous sentons si fragiles et vulnérables, avec le sentiment de ne pouvoir trouver du sens à l’existence. Au cœur de la mort, dans (T/t)a mort, l’amour et la confiance traversent et demeurent présents maintenant et demain!

Jean-Daniel, merci !

P.S. On peut consulter une liste des publications de Jean-Daniel sur le site de l’Université Paul-Valéry

On peut aussi consulter des témoignages sur le site de l’Église Protestante Unie de France et sur celui de l’hebdomadaire “Réforme“.

 

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